Homélie de Dominique Pierre, diacre et médecin

Homélie 16 juillet 2017

Chers amis,

Les lectures de ce jour sont centrées sur la parole, la parole de Dieu, le Verbe de Dieu. Toute la bible est l’histoire de la parole de Dieu agissant au milieu de l’humanité. Dès les premiers mots de la Genèse, Dieu se révèle agissant, créateur par sa Parole : Dieu dit « que la lumière soit » et la lumière fût… et Dieu vit que cela était bon. Et toute la création advient. Cette création exulte à la parole de Dieu comme nous le dit le psaume :

« Tu visites la terre et tu l’abreuves, tu la combles de richesses ;

les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau, tu prépares les moissons.

Les herbages se parent de troupeaux et les plaines se couvrent de blé.

Tout exulte et chante ! »

Oui, nous sommes heureux du beau temps, de la chaleur, des vacances pour ceux qui peuvent en prendre, des moissons et récoltes en ce moment, de la beauté des femmes, des hommes, de l’univers.

Mais fondamentalement ce qui devrait nous faire exulter c’est la miséricorde de

Dieu, son pardon, que nous recevons à travers sa parole et qui est affirmé dans les premiers versets de ce psaume malheureusement non lus ce jour :

« Jusqu’à toi vient toute chair avec son poids de péché ; nos fautes ont dominé sur nous : toi, tu les pardonnes ».

Et ensuite viennent toutes ces exclamations de joie et d’allégresse.

Et Jésus dans l’évangile nous parle de cette réception de la parole de Dieu.

Il nous parle en parabole.

Car Dieu n’impose pas; il ne s’impose pas et nous restons toujours parfaitement libres de vouloir comprendre, ou de ne le point vouloir; toujours libres de choisir notre chemin :

– le bon chemin, avoir foi dans la parole du Seigneur, ouvrir nos oreilles pour entendre, et alors, à celui qui a cette foi, le Seigneur donnera et il sera dans l’abondance

– ou bien refuser cette parole, tourner le dos au Seigneur car non, décidément cette parole n’est pas pour nous, elle est incompréhensible, et alors nous perdons tout, la vraie paix, la vraie joie et jusqu’au salut, pourtant promis et que nous délaissons.

Alors quelle terre sommes-nous?

Je crois que nous sommes chacun, tour à tour, un peu tous les terrains:

  • J’entends vaguement la parole de Dieu mais ça ne m’intéresse pas, j’ai autre chose à faire, la parole est tombée au bord du chemin… et je vis en opposition avec l’esprit de l’évangile.

 

  • Je reçois avec intérêt la parole de Dieu, c’est beau, belle sagesse, belle morale, mais je l’accueille dans un de pierre, pas dans un de chair, pas d’un amoureux. Ce n’est pas vraiment pour moi; et puis je ne suis pas trop d’accord (aimez vos ennemis, rendez le bien pour le mal, heureux les pauvres, les doux, les affligés, les cœurs purs, les persécutés… c’est gentil mais ça ne tient pas la route, c’est de la folie douce). D’ailleurs si Dieu existait vraiment, on ne verrait pas ce qu’on voit. Je n’ai pas de racine et tout s’efface à la première difficulté ou contrariété.
  • Parfois je reçois avec joie la belle parole de Dieu, mais j’ai tellement de travail, de désir de travailler plus pour gagner plus, de soucis, et puis il faut bien se reposer, se distraire, se relaxer, ouvrir ses karmas, faire du sport…; pas un instant pour laisser fructifier la parole qui étouffe sous le poids d’autres priorités que je me donne.
  • Et puis quelque fois nous recevons avec joie la sainte parole de Dieu, nous l’écoutons, la méditons, nous essayons de façonner notre vie à la lumière de sa parole et nous donnons alors plus de fruit que nous ne le pensions.

Nous sommes un peu tout ça tour à tour.

Quel terrain difficile, parfois une allure de terrain vague, nous offrons Seigneur!

J’aime beaucoup les fleurs et j’aime bien jardiner: avoir de belles fleurs, récolter quelques beaux légumes et les partager: une vraie joie.

Mais quel boulot. Il faut biner, tailler, désherber, mettre de l’engrais, arroser, avoir mal au dos certains jours. Ça prend du temps !

Et bien si nous voulons être la bonne terre qui accueille la parole et donne du fruit, il faut y travailler :

– biner quotidiennement par la prière, cet échange simple avec le Seigneur ;

– nettoyer et désherber régulièrement par le sacrement de réconciliation où nous recevons pleinement la miséricorde de Dieu qui nous aime ;

– mettre de l’engrais par l’exercice de la charité, de la paix autour de nous, par la participation à un temps de retraite ou de ressourcement cet été. Ou même simplement prendre le temps de lire quotidiennement l’évangile du jour (une minute) et de le méditer un instant (quatre minutes). Coût total 5 minutes pour bien amender le terrain de notre cœur ;

– arroser de temps en temps celui-ci, comme aujourd’hui, par notre participation à la messe, à la communion.

Quand j’y pense, c’est incroyable de voir les efforts que nous faisons pour quelques plans de pommes de terre ou quelques rosiers, efforts que nous refusons au Seigneur !

Alors puisse cet été être propice à chacun pour mieux accueillir Dieu, accueillir sa parole par ces quelques minutes de jardinage spirituel.

Alors notre coeur par moment exultera et chantera les merveilles de l’amour du Seigneur pour chacun de nous.